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" Gold Twilight "

Quelqu’un se tenait sur le pas de la porte. Je le savais. Je le sentais. J’entendais son souffle saccadé, et même si je ne le voyais pas, son regard devait se perdre quelque part entre les plis de mes draps. Il s’avança d’un pas hésitant, et s’approcha près du lit. Mes yeux étaient fermés, mon cœur battait lentement et je me tenais parfaitement immobile. Rien ne devait accélérer les choses. Je sentis des cheveux me chatouiller le cou, et j’inhalais son odeur en silence. Je la reconnus alors. Bella. Son parfum capiteux pénétra dans mes poumons, enivrant mes sens. Mon pouls s’accéléra. Elle le sut et se retira vivement. Elle prit ma paume entre ses mains et commença à y dessiner des signes dont je ne connaissais rien, mais que j’aimais déjà. Je l’entendis se rapprocher de nouveau.

- Que vas-tu faire aujourd’hui me murmura-t-elle à l’oreille.

Je ne répondis pas. Elle s’assit près de ma hanche et s’allongea sur mon torse. J’avais de plus en plus de mal à résister à son odeur. Elle avait plaqué son oreille sur ma poitrine, et tentait de discerner les battements de mon cœur qui s’affolait à chacun de ses mouvements.

- A quoi penses-tu Ed ? me demanda-t-elle dans un souffle.

Encore une fois, je gardais le silence. Je m’évertuais à prendre mon mal en patience, et à apprécier la chaleur de sa peau sur mon buste glacé. Des images du passé me revenaient soudainement en mémoire, comme des flashs en couleurs dans une vie en noir et blanc.

***

- Edward! me cria-t-elle en rigolant. Arrête, je vais tomber !

Elle était sur mes épaules. Ne pesait rien pour moi, mais penchait dangereusement en arrière. Je la rattrapais d’une main et la grondait faussement :

- Je suis censée veiller sur toi, Bella, arrête donc de vouloir te fracasser le crane par terre je te prie !

Elle se courba pour voir mes yeux. Ils étaient d’un jaune lumineux, d’après elle. Elle sourit. J’adorais son sourire. J’aurais voulu le manger.

- Cap de courir jusqu’en Alaska avec moi sur ton dos ? me lança-t-elle, espiègle.

- Hors de question, je ne veux pas d’un glaçon comme petite-amie !

Elle rit, mais savait que j’avais raison.

- D’accord fit-elle avec une moue boudeuse. Mais quand je serais comme toi, tu m’y emmèneras.

Je fronçais les sourcils, et elle se mordit la lèvre. Mes traits se durcirent quelques secondes, avant qu’elle ne se penche de nouveau en avant, ses cheveux tombant sur ma figure. Ses lèvres parcoururent mon front, frôlèrent mon nez, et s’attardèrent aux commissures de ma bouche. Elle les entre-ouvrit, et aussitôt, son haleine pénétra en moi comme un poison dangereusement agréable, étourdissant mes sens, et déclenchant ma soif. Elle posa ses lèvres contre les miennes, et pénétra plus loin qu’il n’aurait fallut. Je la lâchai immédiatement. En une seconde, je me retournai, la rattrapant avant qu’elle n’heurte le sol. Elle me regardait, désolée.

- Ne me tente pas, Bella, soupirais-je.

- C’est plus fort que moi…

- Ton parfum est entêtant, chacune de tes odeurs m’obsède, tu ne te rends pas compte de ce que ça provoque en moi. Des envies…primaires, ressortent. C’est irrésistible, tu m’envoutes.

Son regard brillait. Je n’arrivais pas à saisir pourquoi, mais le pouvoir grisant que ses senteurs engendraient en moi lui plaisait.

- Ton regard se ternit, Edward m’avoua-t-elle.

- Tu ne prends jamais conscience du danger, soupirais-je.

- Parce que je suis en sécurité avec toi.

- Non, démentis-je, je suis ton plus grand danger justement.

Elle se détourna. Je l’attrapais par la taille et la ramenais contre moi. Je réfléchis quelques secondes, puis ordonnais-je :

- Embrasse-moi.

Elle tourna la tête. Me crut fou, sans nul doute.

- Embrasse-moi encore, répétais-je.

Elle n’hésita pas. Elle me saisit, se colla à moi, et plaqua ses lèvres sur ma bouche, les ouvrant, haletante, puis les fermant dans un accès de prudence. Voyant que je ne réagissais pas, elle s’introduisit plus loin encore, mélangeant sa langue à la mienne, son haleine me pénétrant, me consumant intérieurement. Je la soulevais d’un bras, résistant à la tentation de mordre. Mes lèvres se posèrent sur son cou. Elle se figea.

- Je ne le ferais pas, dis-je simplement.

- Pourquoi ?

- Tu es trop fougueuse. Je souris. Tu m’as poussé à bout, je ne pourrais pas résister à l’envie de te prendre tout ton sang.

Je plissais les yeux dans un rictus que je voulais apeurant, et elle pouffa.

- Je suis tout à toi, pourtant, ria-t-elle.

Je la reposais sur le sol, nos regards se croisèrent. Nos yeux brillaient de la même lueur jaune.

***

Allongé, sa tête toujours posée contre mon torse, j’essayais de me souvenir du moindre détail. De chaque arôme de sa peau, du contact de sa langue, des effluves qui s’émanaient d’elle de toute part. Elle se releva sur un coude, son regard devait dévisager mes paupières, le violet de mes cernes, la finesse de mes traits qu’elle jugeait parfaits. Elle s’avança doucement jusqu’à n’être plus qu’à quelques centimètres de mon visage. Je pouvais déjà la sentir pleinement.

- Tu me manques Edward. J’essaye en vain de penser à autre chose que toi, mais tu m’a emprisonné.

Elle caressa ma joue, et reprit :

- Je t’aime. Mais si tu n’ouvres pas les yeux maintenant, demain, je me jette sous une voiture.

Je ne cillais pas. Il était trop tôt encore. Ne rien bousculer, le cours des choses devait rester intact.

Quelque chose me mouilla, tombant sur mon visage. Puis une autre. Elle pleurait. Mon cœur se fissura. Il ne battait que pour elle, après tout.

Sa bouche effleura la mienne, puis s’en empara. Les larmes salées se mêlèrent à l'haleine de Bella. Doucement, elle m’embrassa, faisant circuler dans chacun de mes membres l’emprunte de son baiser.
Puis, elle quitta le lit d’un saut. Faillit trébucher, je le sentis au bruit de ses pieds glissant, mais se rattrapa à la couverture. Le drap glissa, dévoilant un peu plus mes muscles encore saillant.

- Carlisle n’aurait pas aimé que tu te renfermes comme ça, Edward.

Sa voix avait tremblé sur le nom de mon père.

- Le coma n’existe pas chez les vampires reprit-elle plus durement. Tu te l’es toi-même fabriqué pour échapper à la culpabilité de sa mort. Tu n’y es pour rien. Sache-le, tu n’aurais rien pu y changer.

Je sentis le bruit de ses pas s’éloigner. J’imaginais déjà une voiture la détruire. Le passé se répèterait alors. Sans moi. Pour la sauver.

J’ouvris les yeux.



Ce texte a été écrit après la lecture de Fascination. Ceux qui n'ont pas lu le livre ne peuvent pas le comprendre. Je le dédie à Margaux <3.

3 commentaires:

Margaux a dit…

Sarah, ton texte me touche énormément. Il est magnifique. Non, plus que ça. Je ne sais pas quoi dire. Si ce n'est qu'il est superbe et que je suis vraiment touchée de voir que tu me le dédis... J'en ai les larmes aux yeux. Tu écris tellement bien...

Merci merci merci, & bravo.
Je t'adore Sarah. <3

P.S : Ne t'inquiètes pas, je ne t'en veux pas pour ton absence sur Msn. (; Tu me manques aussi. J'espère vite de revoir !

Anonyme a dit…

T'y crois toi que je pleure devant ton texte ? Et je ne pense pas que c'est la chanson que je suis en train d'écouter qui fait cela. Tu n'imagines pas à quel point ce texte est sublime. Comme l'a dit Margaux, tu écris divinement bien. Je ne peux pas le dire autrement, puisque tu as réussi à me faire couler des larmes.

Et tu sais quoi ?
Tu me manques.

quentin a dit…

Effectivement il doit y avoir des éléments qui me manquent pour comprendre réellement ce texte mais encore une fois il est super bien écrit =)

j'aime beaucoup tes textes (y en a qu'un que je n'ai pas lu, celui de la lettre, j'ai pas accroché dès le début =s, mais c'est parce que je n'aime pas les lettres, trop de mauvais souvenirs ^^)

Je garde ton blog en marque page sur mon ordi car t'as beaucoup de talent, et pour une collégienne en plus ^_^ t'as beaucoup de maturité et ça se sent =)

Je t'envie ton écriture =p

Bonne continuation =)

Bisouus <3