05:31

" La danse des astres "

Les murs semblent se rapprocher minute après minute. Silencieusement, je sens qu'ils bougent, dans une cadence de métronome, vers le point central. Moi. L'air me manque alors qu'il est partout. Ma respiration est saccadée, haletante. J'étouffe. Le regard fou, je me rends compte que ma vision est altérée par ces hallucinations. Inéluctablement, je serai écrasé, que ce soit par ces murs ou par ma propre prison intérieure. Je lève la tête vers la mince fenêtre, au dessus de moi. Les rayons de soleil qui pénètrent la pièce me semblent factices. Ils m'éblouissent mais ne m'éclairent pas, me glacent le sang au lieu de le réchauffer. Je songe au monde qui s'agite au dehors. La foule qui avance, se bousculant, se perdant dans son but égoïste, inconsciente de ce qui se trame derrière les murs que l'on a dressé autour d'elle. Au cours de mes longs mois d'enfermement, j'ai eu plus que le temps nécessaire pour réfléchir à ma condition d'humain, au destin, à la Vie, à la Mort, toutes ces choses abstraites, sujets galvaudés dont on ose habituellement si peu parler. Je ne suis pas très philosophe, et pour tout vous dire, je n'ai même jamais été très intelligent. Mais la prison, c'est comme si l'on vous ampute. Bien-sûr, physiquement, il ne vous manque rien, mais l'obscurité omniprésente, le silence lourd et pesant, l'unique surface rugueuse des murs, les même repas sans goûts, et l'éternelle odeur de pourriture - comme si chaque homme dans le bâtiment était en train de moisir intérieurement - vous prive peu à peu de vos sens. Ils ne vous servent à rien, dans cette immuable existence, plate, lisse, sans aspérités auxquelles s'accrocher ou auxquelles donner une interprétation. Et c'est bien connu, lorsque vous perdez un sens, tous les autres se développent. Pour moi, ce fut un peu pareil. Mon cerveau s'est mis à tourner plus vite, plus profondément même, je dirais, me permettant de me plonger dans des pensées sinueuses et complexes parmi lesquelles je me suis surpris à aimer me perdre. C'était comme lire un livre, ou regarder un bon film, mais en plus puissant, parce que vous seul choisissez où aller, et de quelle manière.

Alors, durant mes séances d'évasion mentale, je me suis rendu compte que ce n'est pas de la Liberté dont nous, prisonniers, sommes le plus privés. A l'inverse, je pense que nous en avons plus que ceux qui se croient libres et qui s'agitent, à l'extérieur. A leur différence, nous sommes dégagés de toute emprise médiatique, de toute mode, ou mouvement de foule. Lorsque l'on vous enlève du troupeau, que l'on vous place à l'écart de la société, alors celle-ci n'a plus aucune influence sur vous. Nous sommes les spectateurs d'un théâtre effroyable, où chacun dépend de l'autre, dans sa manière de penser, de s'habiller, de parler, de se comporter. Chaque geste est régit par des modèles de conduite à respecter pour rester dans le moule, rester dans la danse, et se faire respecter à son tour en tant que modèle. Si ce que nous reflétons n'est pas ce que nous sommes, alors il faut se demander si l'on ne risque pas de se perdre dans ce que nous aspirons à être. Si les relations qui nous entourent, même les plus solides, ne sont pas construites sur des bases factices, des fantômes de vérité. En prison, nous nous retrouvons. Bien-sûr, certains se perdent également, dans la douce folie de la solitude, mais l'enfermement et la mise à l'écart sont les moteurs d'une remise en question. On arpente le dur sentier de l'indépendance, le recadrage et l'acceptation de soi. Je me suis trouvé. Retrouvé. Ici, je suis mon seul ami, mon seul parent, ma seule compagnie. Ici, je suis seul. Ceux qui se haïssent finissent par se suicider, j'ai eu la chance de réussir à faire un pacte avec moi-même. Une sorte de contrat qui m'aide à tenir, qui m'impose des règles. Pas de laisser-aller. J'entretiens mon corps pour me sentir bien. " Un esprit sain dans un corps sain " a autrefois dit Juvenal.

- Yessi, visite pour toi annonça une voix dans le couloir.
Le bruit de la clef dans la serrure me sort de mes pensées. Je souris. Les visites sont des moments de Vie volés, de la vraie Vie. La porte s'ouvre et le gardien me fait signe de passer.
- Comment ça va ? me demande-t-il en marchant.
- Aussi bien qu'hier, merci. Et vous ?
- Peut aller. C'était quoi le sujet de ta thèse philosophique aujourd'hui ?
- La Liberté.
- Encore ?!
- C'est un vaste sujet ! m'exclamai-je comme excuse.
- Humf. Et alors, ça donne quoi ?
- Nous, prisonniers, sommes plus libres que le reste du monde.

Elliot, le gardien, éclate d'un grand rire tonitruant. Mes réflexions le font toujours rire, c'est pourquoi il s'est auto-attribué la charge permanente de ma cellule. J'aime sa compagnie simple, presque amicale.

- C'est bien de rêver mon petit !
- Vous n'y avez pas réfléchi assez ! Bien-sûr que nous sommes privés de notre liberté de mouvement, de choix, mais il nous reste encore notre pleine liberté de pensée. Chose qui se fait de plus en plus rare dans la société actuelle.

Elliot s'arrête subitement de rire. Il me regarde étrangement, comme s'il me découvrait pour la première fois, m'ouvre la porte de la salle des visites, et déclare d'un ton solennel :
- Décidément, t'es vraiment bizarre.

Et il me laisse là, sur le seuil, refermant derrière lui la lourde porte métallique. J'entends le verrou se tourner, et je me décide enfin à regarder qui se tient dans la pièce. Avant d'avoir pu la parcourir entièrement, je sens quelque chose agripper mes jambes.

- PAPAAAAAAAAAAAA !

Suspendue à mes genoux, ma fille, Julie, hurle mon nom en souriant. Et son sourire me fait revivre. Je sens en moi comme une myriade de papillons qui me soulèvent, me tirent vers le haut, me donnent l'impression d'être invincible. Intouchable.

- Ma puce ! Tu es venue ! Comment as-tu fait ?
- Maman m'a accompagnée jusqu'ici. Quand elle t'as vu arriver avec le monsieur, elle m'a dit qu'elle partait aux toilettes. Il y a des toilettes dans une prison ?
- Je... bien-sûr ma chérie. Tu es tellement grande... quel âge as-tu déjà ? lui demandai-je en la prenant sur mes genoux tandis que je m'asseyais.
- 7 ans ! Je lis super bien, et je sais même écrire maintenant !

Je ne me rappelle que de son prénom tracé malhabilement sur toutes les feuilles de la maison. Ça me fait tellement mal de rater son enfance. De ne pas être là pour venir la réveiller le matin, pour la voir dormir avant de l'embrasser sur le front. De ne pas être là, non plus, pour venir la chercher à 4 heures et lui préparer son gouter préféré pendant qu'elle me raconte sa journée. De ne pas être là, encore, le soir, pour lui lire une histoire féérique, peuplée de prince et de princesse, de bonheur éternel et de dizaines d'enfants. De ne pas être là, toujours, le week-end, pour la pousser sur sa balançoire, et ressentir cette peur infime, minuscule mais tenace, qu'elle ne tombe et se blesse. Ça me fait mal de ne pas être père. A temps complet. A cet instant, j'aimerais me détester. Mais une petite voix dans ma tête me l'interdit. Alors je me contente de regarder Julie, mon enfant, la chair de ma chair, et d'écouter mon cœur battre comme s'il allait exploser.

- Tu m'as tant manqué ma puce...
- Toi aussi papa ! Maman disait qu'il fallait pas que je te vois, que tu es méchant, et que maintenant tu vis avec tout les autres méchants. Et que c'est bien fait pour toi. Maman pleur souvent lorsqu'elle me parle de toi, tu sais. Je crois que tu devrais lui parler. Lui dire que tu es gentil et qu'elle aussi, elle t'a manqué. Parce qu'elle te manque, pas vrai ?
- Bien-sûr ma chérie, bien-sûr. Plus que tout.

Je suis sincère. Elle me manque terriblement. Elle ne m'a jamais pardonné d'avoir cambriolé cette banque. Je voulais juste lui montrer que je pouvais la rendre heureuse, que je pouvais subvenir aux besoins de ma famille, que tout le poids de notre fragile équilibre ne reposait pas sur elle. J'ai échoué. Lamentablement. J'ai perdu ma femme, ma fille, et je lui ai brisé son fil. Elle est tombée sur le filée où elle n'a de cesse de rebondir, oscillant entre phase d'espoir et dépression grave. Enfermé entre ces quatre murs, on m'a infligé la pire peine possible : l'impuissance. Je regarde ce qu'il me reste de ma famille, je vois nos liens tomber en poussières, s'effondrer sous mes doigts jour après jour, je vois sa tristesse, je devine les larmes qu'elle tente de cacher pour masquer sa douleur. Mais je ne peux rien faire. Julie grandit trop vite, forcée par l'absence d'un père que tout le monde déteste, et par le désespoir d'une mère qui n'a plus envie de vivre. Elle doit gérer les conflits entre ses deux parents, affronter la dure réalité du milieu carcéral, et tenir tête parallèlement aux autres enfants qui clament, inconscients : "Julie, elle a pas de père. Son père c'est qu'un salop. "Sept ans.

- Alors, si elle te manque, m'interrompit Julie, pourquoi tu vas pas la chercher, là, maintenant ? Parce que tu sais qu'elle est pas aux toilettes. Je suis pas bête. Je sais bien qu'elle est partie pour pas te voir, et moi je trouve ça stupide . Elle vient te voir, souvent. On s'arrête devant la prison, parfois elle marche même jusqu'à la porte d'entrée. C'est rare quand elle rentre. Elle fait demi-tour et s'en va, les yeux tout brouillés bizarres. Aujourd'hui, j'en ai eu marre de toujours venir pour rien. Et puis je veux te voir, moi ! Je suis allée voir les gardiens à l'entrée sans elles. Elle a bien été obligée de me suivre...

Sept ans. Mais qu'est-ce que j'avais fait ?

- Tu sais quoi, ma Julie ? Je vais lui écrire un mot à ta maman. Et je compte sur toi pour lui remettre, hin ! Je peux te faire confiance ?
- Bien-sûr, m'affirma Julie, heureuse de se voir confier une tâche importante.
Je me dirige vers la porte, appelle le gardien.
- Qu'est-ce que t'as ? me demanda aussitôt Elliot.
- Est-ce que je pourrais avoir une feuille et un crayon s'il vous plait ? C'est pour écrire à ma femme...
- Humf. Tu sais qu'on est pas trop pour...
- S'il vous plait ! Vous me connaissez maintenant... Et puis Julie est là. Vous savez que je ferais rien s'il y a Julie.
- Ça, c'est sûr. Ok. Attends deux minutes, je vais te chercher ça.

Je fais jouer ma fille sur mes genoux. Écartant les jambes, je fais semblant de la faire tomber. Elle crie, penche la tête, rit à grands éclats. Du bonheur qui s'envole en millier d'étoiles. Je tente d'en attraper une à son passage, mais elle me glisse des doigts et s'échappe par la fenêtre. Le soleil est toujours là. Il me réchauffe. Il m'éclaire. Je me sens bien. Et je me demande si ce n'est pas Julie mon soleil, aujourd'hui.

- Voilà, l'poète ! La gaspille pas, écrit petit, parce que t'en auras pas une autre ! me lance Elliot en me tendant une feuille et un crayon de papier.

Il referme la porte. Je fixe le papier. Blanc. Je me dis que ce serait symbolique de la donner intacte à Elise, ma femme. Comme un drapeau qui crierait : "Je viens en paix, ne tirez pas !". Ce serait beau. Et poétique. Malheureusement, je ne pense pas qu'Elise comprenne quoi que ce soit dans l'état où elle se trouve. Je décide d'aller au plus court. Elle n'a jamais aimé les grands romans non plus. "Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? " Je saisis le crayon. Son contact m'avait manqué.

" Mon amour, merci de m'avoir amené Julie. Son sourire comble les fissures que ton absence creuse dans mon cœur . Reviens-moi, ma Elise. Je t'attendrai toujours, de la même manière que la lune attend le soleil pour partir se reposer en paix. Je t'aime. "

Je ne me relis pas. Cela ôterait tout le charme de l'immédiat. Je plie le papier en quatre, le confie à Julie.

- Prends en soin, et veille à ce que maman le lise. Je compte sur toi.
Emplie de fierté, elle attrape la feuille et la serre au creux de son poing.
- Je suis sure que maman est encore amoureuse de toi. Ça va marcher ! Ça doit marcher ! crie-t-elle, comme pour se donner de l'espoir.
Je la serre contre moi, et lui murmure :
- Et puis...je sors bientôt, ma chérie.
- Dans combien de temps ?
- Un mois. 30 jours. Nous serons bientôt tous réunis. Tu verras comme ce sera bien.

A ce moment là, Elliot ouvre la porte :
- Désolé, le temps est écoulé. Dis au-revoir et on ramène la petite à sa mère. Elle attend à côté.
Julie se pend à mon cou, je l'embrasse partout, je la respire, je m'imprègne de son odeur, de sa présence. J'essaye de capturer les étoiles au fond de ses pupilles, la mélodie des éclats de son rire, les courbes parfaites de son sourire, et puis je la pose à terre.
- Je t'aime papa ! me lance-t-elle avant de prendre la main du gardien.
Un seul mot me vient, comme un cri de guerre signant notre victoire :
- BIENTÔT !

Elle me parait déjà si loin... Elle se retourne, me fait un signe de la main, m'envoie un baiser imaginaire. Je le reçois en pleine poitrine, il me transperce, m'irradie de sa chaleur, m'anime tout entier. Je me laisse porter par cette force qui me soulève et me donne envie de courir, de briser mes chaînes, de soulever les montagnes qui m'éloignent d'Elles. Comme un besoin de tout casser. Liberté.

- Allez, on y va, me prévient Elliot, me ramenant soudainement à la réalité.

Il m'attrape par le bras et m'entraine dans les couloirs jusque dans ma cellule. Je ne dis rien, il ne parle pas non plus. Il sait. Il devine que les mots sont inutiles, impuissants, absurdes, face au bonheur de l'avoir vue. Au moment de verrouiller ma cellule il entre ouvre la bouche, puis se retient. Il secoue la tête et reprend sa route sinueuse à travers les couloirs sombres de notre labyrinthe morbide, théâtre de notre condamnation.

Je m'assois sur mon lit. Au dehors, le soleil se couche. Le crépuscule m'a toujours fasciné. Nous aimions le regarder, Elise et moi, plus jeunes, et s'accorder sur le fait qu'elle était le soleil, et moi la lune. Elle était si...rayonnante. Lumineuse, malicieuse, elle illuminait tout ceux qui croisaient sa route. Elle avait l'innocence de celle qui veut Vivre au jour le jour. "Carpe Diem !" ne cessait-t-elle de me répéter. Elle aimait courir dans les prés, croquer dans des fruits pas encore mûrs, chanter très fort, rire à gorge déployée, exister intensément. Elle disait que je la tempérais, que mon mystère attisait sa curiosité et que ma mélancolie était pour elle un défi au quotidien. Elle s'amusait à inventer mille manière de m'émerveiller, de réveiller mon cœur endormi. Tout simplement de me faire aimer la Vie. C'est pour cela que le soir, assis dans l'herbe, on regardait la Lune et le Soleil danser ensemble, s'échanger le monde toujours avec la même grâce. Le soleil s'éteignait lentement, offrant à la Terre ses dernières couleurs -les plus rares et les plus belles- tandis que la Lune s'épanouissait dans sa splendeur, montant dans le ciel, chaque jour plus ronde et plus éclatante que le précédent. La Lune et le Soleil ne se croisaient jamais, mais ils dépendaient l'un de l'autre. Ils se complétaient. Elise m'avait demandé une fois :

" Est-ce que tu sais toi, Noah, d'où viennent les étoiles ? "
Évidemment, je ne savais pas. Je ne savais pas grand chose à l'époque, c'était elle qui m'apprenait la vie, je vous rappelle.
" Moi je pense que ce sont des cadeaux que le soleil fait à la lune. Un cadeau par jour. Un morceau de lumière pour éclairer ses nuits, une part de lui-même qu'il offre à la Lune pour qu'elle ne soit pas trop seule, une fois l'obscurité tombée. Il a du penser que la Lune avait peur du noir, alors il lui a donné de quoi l'illuminer. Les étoiles se sont répandues partout, ont prit leurs places dans l'univers, et désormais elles aident la Lune à veiller sur le monde. "

J'avais hoché la tête, sagement, croyant fermement aux convictions d'Elise. Le monde aurait été tellement plus laid si Elise ne lui avait pas donné un sens. Maintenant, elle a perdu son éclat. Elle n'éclaire plus personne, et je ne suis même plus sûre qu'elle réussisse à se réchauffer elle-même. Et c'est de ma faute. J'espère que ma lettre ranimera un peu de lumière au fond d'elle, juste de quoi la guider jusqu'à moi. Après, je me charge de faire revivre tout ces éclats ternis par mon absence.

Je lève la tête vers ma lucarne. La lune a pris possession du ciel, mais je ne vois pas le Soleil. Ils ne dansent plus ensemble, désormais. Ils ne dansent plus du tout. Je m'allonge sur le lit, et je ferme les yeux. Je revois toutes les étoiles que j'ai capturé des pupilles à Julie, tout à l'heure. Elles tourbillonnent à l'intérieur, elles s'agitent et font flamboyer mon cœur. Mentalement, je tends la main vers elles. Je choisis la plus belle, la plus brillante, et la prend délicatement au creux de ma paume. Je me lève, m'avance vers la fenêtre, saute et m'agrippe aux barreaux. Je passe mes doigts à l'extérieur, les déplie lentement.

" Tiens, mon amour. C'est mon cadeau pour que tu n'ai plus peur, chasse ces nuages du ciel de ton âme.



Je reviens. Bientôt ! "

3 commentaires:

Cookies a dit…

Et bien, c'était assez funky, t'as l'impression d'être une gosse tellement t'es petite par rapport à eux et quand tu commences à imaginer qu'ils soient vrais, c'est assez flippant mais excitant à la fois. Par contre, le film 3D qui accompagne l'expo est à chier...En tout cas, merci beaucoup ! :D

Cookies a dit…

Fan de Tim Burton (bis). Oui, on me le dit assez souvent et physiquement, ce n'est pas un détail qui me déplait, évidemment ;D

Philippe de L*** a dit…

Votre second paragraphe est particulièrement lumineux et vrai. Je rejoins sincèrement ce que vous y dites, dans la fausse idée de liberté (je hais la majuscule à ce mot) véhiculée au sein de la société (et, même si vous vous rendez compte de l'emprise de cette dernière, vous êtes vous aussi une grande victime) : rien n'est pire que les chaînes de l'esclavage qui prennent l'apparence de la liberté. L'an prochain, lorsque vous aborderez ce thème en philosophie, je vous conseille de lire /La liberté/ de Monseigneur de Ségur, le fils aîné de la célèbre comtesse.